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Gala

17 Janvier 2019 (No. 1336)

 

5 hours ago, Kumazzz said:

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2 hours ago, Kumazzz said:

Gala

  • 17 Janvier 2019 (No. 1336)

 

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EXCLUSIF

JULIEN CLERC

 

SES PREMIERS PAS DANS THE VOICE

 

Julien Clerc avait déjà croisé Jenifer, Soprano et Mika dans le cadre des concerts des Enfoirés, mais il les connaissait peu. A 71 ans, l’interprète d’Utile a tout de suite trouvé sa place, reconnu comme « le sage » de la famille The Voice.

 

En février, il sera aux côtés de Jenifer, Soprano et Mika pour la saison 8 du show musical de TF1. Nous avons suivi le chanteur dans les coulisses du tournage. Pas de doute, il donne déjà le la !

 

Pas besoin de devenir « tout fou, tout clown, gentil » : en étant simplement lui-même, Julien Clerc s’est fait facilement une place dans son nouveau fauteuil de coach de The Voice. Seul néophyte de la nouvelle saison du télécrochet produit par ITV Studios France (Mika est fi dèle au poste depuis cinq ans, Soprano débarque de la version Kids du show et Jenifer revient après trois ans d’absence), « Juju » admet pourtant avoir eu le trac avant que ne commence l’aventure. « Les jeunes talents qui viennent passer l’audition disent souvent dormir mal la veille du jour J. Moi, je n’ai pas dormi pendant des semaines ! J’ai fait des cauchemars dans lesquels je n’étais jamais choisi… », racontet-il. Les premières sessions d’enregistrement, mi-novembre dernier, l’ont rassuré. Bien calé dans le fauteuil rouge laissé vacant par Florent Pagny, dos aux apprentis chanteurs, Julien Clerc est rapidement devenu « leur préférence à eux ». Grâce à ses commentaires percutants et son érudition musicale, il a forcé le respect de ses camarades coachs et l’admiration du public.

 

A tous, talents ou techniciens, il dit « vous ».

Plus par déférence que par coquetterie. Chacun le vouvoie en retour et Mika, pour plaisanter, lui donne même parfois amicalement du « Monsieur Clerc ». Le seul que Julien tutoie, c’est Léonard, son fi ls de dix ans, ravi d’assister aux premiers pas de son papa dans les coulisses de The Voice. « Il a des goûts éclectiques et s’intéresse à beaucoup de choses. Je suis heureux qu’il puisse voir comment se fabrique cette émission qu’il aime regarder », confi e l’artiste. Le garçon, qui, entre deux prises, s’amuse à faire tourner le fauteuil  rouge, a mis son père au défi de presser son buzzer rouge en « dabant » (ce geste inspiré des rappeurs qu’aiment faire les jeunes et qui consiste à tendre un bras en l’air, sur le côté, et à plonger la tête dans le coude du second)… Mission accomplie ! A soixante et onze ans, Julien s’amuse, Julien s’éclate. Même si, jusque dans sa loge, il reste concentré. « Je n’ai pas dit oui par hasard, explique-t-il, mais parce que c’est une émission de musique et que je me sentais légitime. » Fort des cinquante ans de carrière qu’il a célébrés l’an passé, l’interprète de Ce n’est rien ressent un réel plaisir à l’idée de transmettre. Lui qui n’a jamais cessé de prendre des cours de chant depuis ses débuts, en mai 1968 avec le 45 tours La Cavalerie, et qui travaille sa voix chaque jour pour ne pas « démuscler » ses cordes vocales, a des conseils à revendre. Nikos Aliagas le souligne entre deux prises : « Rendez-vous compte ! Cet artiste-là, ce Monsieur a côtoyé les plus grands. Gainsbourg, Aznavour… Il a travaillé avec Roda-Gil, avec Dabadie… » Julien sourit. « On a tous dans la tête une de vos chansons, qui évoque un moment de notre vie. Vous nous avez accompagnés, cher Julien Clerc ! »

 

Désireux d’aider les jeunes chanteurs à « trouver la juste émotion, poser leur voix, gérer le trac, la respiration et parvenir à faire tout cela en même temps », Julien l’assure : « Ça relève d’une vraie performance ! » Il n’est pas dupe non plus de la mécanique du jeu qui l’obligera à faire des choix. « On m’a bien expliqué le principes des battles, qui détermineront ceux qui parmi mes talents iront aux live et se soumettront au vote du public. Je dois composer des duos équilibrés et certains, pourtant méritants, n’y seront pas… La différence se fera sur l’émotion. » C’est la dure loi de The Voice, qui révèle des pépites mais ne les mène pas toujours au bout de l’aventure. De passage sur la plateau pour présenter son nouveau single, Claudio Capéo, accordéon en bandoulière, salue ses anciens camarades de la « famille ». Mika lui lance : « C’est dommage que Florent Pagny ne soit pas là parce qu’il te citait toujours en exemple. Cette émission est un révélateur. Toi, tu es sorti du jeu après deux prestations, lors de la saison 5… Mais regarde le chemin que tu as fait depuis ! » Julien Clerc opine du chef et sourit. Il le sait : il y a dans son équipe, des chanteurs qui, eux aussi, trouveront leur public et feront une belle carrière. D’ailleurs, à certains d’entre eux, il a déjà glissé qu’en vue de son prochain album, il cherchait des auteurs et qu’il se verrait bien poursuivre la collaboration une fois les feux de The Voice éteints. Sans vouloir aller trop vite en besogne.

 

En coulisses, ça parle musique – évidemment ! – mais aussi football.

Soprano est un défenseur invétéré de l’Olympique de Marseille quand, en tant que résident londonien, Julien Clerc maîtrise le championnat anglais sur le bout des ongles. Ravie de l’alchimie qui s’est instantanément instaurée au sein de sa nouvelle équipe de coachs, la production se réjouit d’avoir trouvé un équilibre quasi parfait. Pascal Guix raconte : « Avant qu’il n’arrive, j’ai pensé qu’il faudrait probablement “coacher” Julien. Eh bien je me trompais… Certes, il n’est pas un showman, mais quel travailleur ! Avant d’accepter notre invitation, en juin dernier, il m’a demandé de visionner l’intégralité de la saison 7. Il a tout regardé, scruté, décortiqué. Il m’a posé de nombreuses questions. Et quand nous nous sommes revus, il avait tout saisi. Il maîtrisait les codes. » Dithyrambique sur sa nouvelle recrue, le producteur ajoute : « Julien apporte au programme quelque chose qu’on n’avait jamais vu avant. Nous n’avions jamais accueilli d’artiste de sa génération et de sa dimension. Il nous donne une énergie et une façon de faire nouvelles. » Dans un programme où le talent prime sur tout le reste – physique, âge, origines –, le « petit nouveau » de soixante et onze ans a été adopté, c’est très Clerc !

 

AMÉLIE DE MENOU

 

 

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Le Monde

2019/02/09/mika-a-l-ecole-j-etais-un-extraterrestre

Mika : « A l’école, j’étais un extraterrestre »

 

« Le Monde » interroge une personnalité en partant d’un moment décisif de son existence. Cette semaine, le chanteur raconte comment la musique s’est imposée dans sa vie, entre Beyrouth, Paris et Londres, mais toujours entouré des siens.

 

Auteur-compositeur et interprète d’une pop euphorisante, Mika a vendu plus de 10 millions de disques dans le monde depuis le succès de son premier album, Life in Cartoon Motion. Le chanteur libano-américain, âgé de 35 ans, sera de nouveau, à partir du 9 février, l’un des jurés de l’émission « The Voice », sur TF1, et s’apprête à sortir un cinquième album.

 

Je ne serais pas arrivé là si…

Si je n’avais pas été somnambule. La nuit, de mes 7 ans jusqu’au début de l’adolescence, je déplaçais les meubles de l’appartement. Je sortais même dans la rue sans que mes parents s’en aperçoivent. Une fois, les éboueurs m’ont ramené en pyjama et en chaussettes. Ma mère a fini par bloquer la porte de ma chambre. Ce somnambulisme, c’était de la magie dans mon quotidien. Ne pas tout contrôler, laisser l’inconscient me diriger sans penser aux conséquences, c’est comme ça que je suis devenu la personne et l’artiste que je suis. Etre inconscient, c’est indispensable à ma survie.

 

:uk:

Spoiler

Mika: "At school, I was an alien"

 

"Le Monde" questions a personality starting from a decisive moment of its existence. This week, the singer tells how music has become essential in his life, between Beirut, Paris and London, but always surrounded by his family.

 

Songwriter and performer of an euphoric pop, Mika has sold more than 10 million records worldwide since the success of his debut album, Life in Cartoon Motion. The 35-year-old Lebanese-American singer will once again be one of the jury members of TF1's "The Voice" on February 9 and is about to release a fifth album.

 

I would not be here if ...

If I had not been sleepwalking. At night, from my seven years to the beginning of adolescence, I moved furniture from the apartment. I even went out on the street without my parents realizing it. Once, the garbage men brought me back in pajamas and socks. My mother ended up blocking the door of my room. This somnambulism was magic in my daily life. Do not control everything, let the unconscious lead me without thinking about the consequences, that's how I became the person and the artist that I am. Being unconscious is essential to my survival.

 

 

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Mika, à Paris, en novembre 2018. BENJAMIN DECOIN / BUREAU233

 

 

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4 hours ago, Kumazzz said:

Le Monde

2019/02/09/mika-a-l-ecole-j-etais-un-extraterrestre

Mika : « A l’école, j’étais un extraterrestre »

 

« Le Monde » interroge une personnalité en partant d’un moment décisif de son existence. Cette semaine, le chanteur raconte comment la musique s’est imposée dans sa vie, entre Beyrouth, Paris et Londres, mais toujours entouré des siens.

 

Auteur-compositeur et interprète d’une pop euphorisante, Mika a vendu plus de 10 millions de disques dans le monde depuis le succès de son premier album, Life in Cartoon Motion. Le chanteur libano-américain, âgé de 35 ans, sera de nouveau, à partir du 9 février, l’un des jurés de l’émission « The Voice », sur TF1, et s’apprête à sortir un cinquième album.

 

Je ne serais pas arrivé là si…

Si je n’avais pas été somnambule. La nuit, de mes 7 ans jusqu’au début de l’adolescence, je déplaçais les meubles de l’appartement. Je sortais même dans la rue sans que mes parents s’en aperçoivent. Une fois, les éboueurs m’ont ramené en pyjama et en chaussettes. Ma mère a fini par bloquer la porte de ma chambre. Ce somnambulisme, c’était de la magie dans mon quotidien. Ne pas tout contrôler, laisser l’inconscient me diriger sans penser aux conséquences, c’est comme ça que je suis devenu la personne et l’artiste que je suis. Etre inconscient, c’est indispensable à ma survie.

 

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Mika: "At school, I was an alien"

 

"Le Monde" questions a personality starting from a decisive moment of its existence. This week, the singer tells how music has become essential in his life, between Beirut, Paris and London, but always surrounded by his family.

 

Songwriter and performer of an euphoric pop, Mika has sold more than 10 million records worldwide since the success of his debut album, Life in Cartoon Motion. The 35-year-old Lebanese-American singer will once again be one of the jury members of TF1's "The Voice" on February 9 and is about to release a fifth album.

 

I would not be here if ...

If I had not been sleepwalking. At night, from my seven years to the beginning of adolescence, I moved furniture from the apartment. I even went out on the street without my parents realizing it. Once, the garbage men brought me back in pajamas and socks. My mother ended up blocking the door of my room. This somnambulism was magic in my daily life. Do not control everything, let the unconscious lead me without thinking about the consequences, that's how I became the person and the artist that I am. Being unconscious is essential to my survival.

 

 

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Mika, à Paris, en novembre 2018. BENJAMIN DECOIN / BUREAU233

 

est ce que quelqu'un a l,interview en entier ? je peux pas le voir sur le site, il faut etre abonnés....

 

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1 hour ago, Estelle Lambert said:

est ce que quelqu'un a l,interview en entier ? je peux pas le voir sur le site, il faut etre abonnés....

I'll try to get it soon...

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7 hours ago, Estelle Lambert said:

Le Monde

2019/02/09/mika-a-l-ecole-j-etais-un-extraterrestre

Mika : « A l’école, j’étais un extraterrestre »

 

Thanks a million for sharing @Ceriise and Mika France @Meggy

 

Le Monde

 

 

Spoiler

 

« Le Monde » interroge une personnalité en partant d’un moment décisif de son existence. Cette semaine, le chanteur raconte comment la musique s’est imposée dans sa vie, entre Beyrouth, Paris et Londres, mais toujours entouré des siens.

 

Auteur-compositeur et interprète d’une pop euphorisante, Mika a vendu plus de 10 millions de disques dans le monde depuis le succès de son premier album, Life in Cartoon Motion. Le chanteur libano-américain, âgé de 35 ans, sera de nouveau, à partir du 9 février, l’un des jurés de l’émission « The Voice », sur TF1, et s’apprête à sortir un cinquième album.

 

Je ne serais pas arrivé là si…

Si je n’avais pas été somnambule. La nuit, de mes 7 ans jusqu’au début de l’adolescence, je déplaçais les meubles de l’appartement. Je sortais même dans la rue sans que mes parents s’en aperçoivent. Une fois, les éboueurs m’ont ramené en pyjama et en chaussettes. Ma mère a fini par bloquer la porte de ma chambre. Ce somnambulisme, c’était de la magie dans mon quotidien. Ne pas tout contrôler, laisser l’inconscient me diriger sans penser aux conséquences, c’est comme ça que je suis devenu la personne et l’artiste que je suis. Etre inconscient, c’est indispensable à ma survie.

 

Avant d’être Mika, vous êtes né Michael Holbrook Penniman, en 1983, au Liban, dans une famille chrétienne maronite contrainte de se réfugier en France un an plus tard pour fuir la guerre…

La vie quotidienne à Beyrouth était devenue très difficile et dangereuse. Une nuit, la moitié de l’appartement avait été détruite par un bombardement. Ma mère est libano-syrienne mais mon père est américain, né à Jérusalem, élevé au Caire, à Washington, à Londres… Ils ont pu partir pour Chypre, puis ont choisi Paris. Il y avait un lien avec le Liban. Ma mère avait appris le français.

 

Quel souvenir gardez-vous de vos années parisiennes ?

Celui d’une enfance très joyeuse. On habitait dans le 16e arrondissement, square Lamartine, mon père avait un très bon job dans la finance, je fréquentais une petite école privée, le cours Victor-Hugo. A la maison, c’était Paris-Beyrouth. La nourriture était franco-arabe. Beaucoup de gens attendaient chez nous la fin de la guerre. Le temps était un peu suspendu. Ma mère confectionnait des habits pour enfants. Son atelier, c’était la salle à manger et le salon. Comme elle avait beaucoup de commandes des grands magasins, on entendait le bruit des machines à coudre même la nuit. On avait le droit de l’accompagner dans le Sentier choisir des tissus pour nos vêtements qu’elle faisait elle-même. Mes shorts, mes chemises, mes nœuds papillon étaient une manière de m’exprimer, de m’amuser. A Noël, on devait fabriquer nous-mêmes les cadeaux, et ne surtout pas les acheter – de toute façon, on n’avait pas d’argent de poche. Créer, c’était normal, c’était la vie. Et la musique faisait partie de ça.

 

Justement, comment ce goût pour la musique est-il né ?

J’avais des cours de piano avec des sœurs jumelles, un peu vieilles, qui mangeaient constamment des gâteaux. Elles s’asseyaient de chaque côté de moi, l’une s’occupait de la main droite, l’autre de la main gauche. Tout allait bien, je lisais la musique, je commençais à jouer… Et surtout, il y avait de la musique du matin au soir, dans cet appartement, où la vie était très intense. Ma mère, les couturières, tout le monde chantait sur Nina Simone, Bob Dylan, Joan Baez, Georges Moustaki, Jean Ferrat, Gainsbourg, les Rolling Stones, Fairouz, Oum Kalthoum… La musique est devenue pour moi une évidence. J’avais des mallettes remplies de cassettes que j’enregistrais, je me faisais des « playlists » classées par émotion et par couleur – parce que, la musique, je la « sentais » rouge ou verte. Quand les choses ont mal tourné, le volume de la musique a augmenté à la maison.

 

Qu’est-il arrivé ?

Mon père a été envoyé par sa banque en voyage d’affaires, au Koweït. Il s’est trouvé pris dans l’invasion du Koweït par Saddam Hussein, pendant la première guerre du Golfe, et a été retenu à l’ambassade américaine pendant huit mois. Nous n’avions pas de contact, juste un fax de temps en temps. La stabilité qu’on connaissait avec mes sœurs s’est alors écroulée. Quand mon père est revenu, barbu, amaigri, ses yeux étaient différents. On ne l’a plus appelé « papa » mais « Mike », je ne sais pas pourquoi. Après le traumatisme qu’il avait vécu, il a eu du mal, il a été licencié. On a tout perdu. J’ai appris à gérer les huissiers : quand ils sonnent, dire qu’il n’y a pas d’adultes à la maison, qu’on ne peut pas ouvrir parce qu’on ne les connaît pas. Mais à la quatrième visite, je les ai vus tout prendre chez nous, moi assis sur le canapé rouge. Je ne pardonnerai jamais à un système qui permet ça. Cette invasion dans ce qui est sacré, la maison. Cette punition injustifiée…

 

Comment ont réagi vos parents ?

Mon père était de plus en plus silencieux. Ma mère, extrêmement déterminée. Un soir, on s’est entassés dans la Toyota Previa et on est partis à Londres. On a atterri dans un bed & breakfast. C’était censé être pour deux semaines, on est restés deux ans. Quand mon père ne gagnait pas assez de sous, ma mère travaillait en cuisine.

 

A 8 ans, vous avez commencé à fréquenter les cours élémentaires du Lycée français de Londres. Et vous y avez été victime d’un harcèlement dont vous avez témoigné fin 2018, lors de la journée nationale contre ce fléau…

J’ai eu des problèmes parce que, d’un coup, je suis devenu dyslexique. J’ai oublié le solfège, et même comment lire et écrire. Parti ! Je parlais anglais avec un accent parisien. J’étais habillé avec mes shorts roses, mes salopettes à pois jaunes, mon nœud pap’ dans le même tissu. A Paris, on me prenait en photo quand j’accompagnais ma mère dans les défilés de mode. Là, j’étais un extraterrestre ! Une prof qui portait toujours un manteau violet et un petit chapeau noir m’a choisi, avec deux autres élèves, comme victimes de sa rage. Elle me faisait grimper sur une chaise et elle m’humiliait, me disant devant tout le monde que j’étais stupide, paresseux, que tout ce que je voulais c’était jouer – heureusement, je n’ai pas changé ! Elle écrivait d’atroces poèmes sur nous que les autres élèves devaient réciter. J’ai arrêté de parler, je voulais devenir invisible, ne plus être là. A la maison non plus, je ne parlais presque plus, je n’écoutais plus de musique. Mes parents ne comprenaient pas. Jusqu’à ce qu’un jour, en rapportant mon sac dans la classe, ma sœur Paloma entende la maîtresse me parler. Mon père est venu, a répété à l’enseignante les propos qu’elle m’avait tenus et elle s’est évanouie. J’ai été renvoyé par le directeur. Je suis rentré en sautillant et en chantant « La sorcière est morte ! » J’avais en tête l’image de la méchante sorcière du Magicien d’Oz qui fond à cause de l’eau.

 

Qu’avez-vous fait de vos journées pendant cette période où vous étiez déscolarisé ?

J’allais au parc avec trois dames, espagnole, libanaise, marocaine, qui passaient leur temps à la maison à boire du thé et à chanter. Ensuite, ma mère a fait venir un professeur de piano tout juste arrivé de Russie. Il parlait peu et sentait cette sueur qui arrive après des heures de piano. Quand il a réalisé que je ne pouvais pas lire les notes, son visage a changé. La semaine suivante, il a envoyé sa femme en remplacement. Une chanteuse d’opéra qui semblait sortir des années 1920, avec son col brodé haut. Elle était censée me donner des cours de piano mais elle n’en jouait pas vraiment. Elle a commencé à chanter la mélodie, j’ai chanté avec elle. Les mélodies se sont compliquées, c’est devenu du Schubert, du Brahms, du Britten.

Trois mois plus tard, j’avais mon premier job. A 9 ans, j’étais choriste à l’Opéra royal, dans Die Frau ohne Schatten, de Richard Strauss. Le théâtre ! Covent Garden ! Cette boîte géante magique, rouge, dorée, où l’on chante, où les gens ne travaillent pas dans une banque, ne vont pas à l’école, ils montent sur scène et la vie passe rapidement. J’ai décidé que c’était ce que je voulais faire.

 

Mais vous avez bien dû reprendre l’école, au bout de quelques mois ?

Oui parce que les enfants d’une petite école voisine de la maison me voyaient jouer tous les jours dans le jardin avec mes deux lapins, m’entendaient chanter. Ils sont allés se plaindre à leur directeur. C’était inacceptable que je ne fasse que jouer ! Le directeur m’a demandé d’épeler des mots, il a vu que j’avais beaucoup de problèmes. J’ai repris l’école, mais ma mère a négocié un arrangement, et j’ai bénéficié d’une grande tolérance pour continuer la musique.

 

Jeune homme, vous avez été admis au Royal College of Music. Comment êtes-vous finalement passé du chant lyrique à la pop music ?

Le Royal College, c’était un rêve. La cacophonie qui y régnait me faisait penser au salon de ma mère, à Paris. Mais j’ai compris que je n’étais pas aussi fort que les autres chanteurs lyriques. Je devais donc écrire mon propre matériau. Avec l’argent que je gagnais comme serveur, et l’aide des autres élèves, j’ai fait des maquettes de chansons pop. La voix sur Happy Ending, par exemple, c’est celle d’Ida Falk Winland, qui est devenue une grande chanteuse d’opéra. J’écrivais, j’écrivais, j’écrivais. J’ai commencé à enregistrer des chansons dès 11 ans. En échange de musiques que je créais pour la pub, je demandais des heures de studio d’enregistrement. Après, je faisais le tour des bureaux de Sony, d’EMI, de Warner, avec mon « ghetto-blaster » [radiocassette des années 1970-1980 célèbre pour sa taille démesurée]. Je passais mes chansons à la secrétaire, qui n’avait aucune idée de quoi en faire et m’envoyait vers une autre secrétaire, et je grimpais tous les étages comme ça. Il y avait toujours un moment où je recevais une lettre de refus du label, avec un logo à côté de mon nom. J’étais fier, j’existais !

 

Après tous ces refus, comment votre carrière a-t-elle pu démarrer ?

Comme personne ne voulait me signer, je suis revenu dans l’atelier principal : la maison. Ma mère m’a fait des habits, j’ai changé le « C » de Mica en « K » pour que ce soit plus fort, on a dessiné une pochette et un logo avec ma sœur Yasmine, on a pris des photos avec l’Olympus de ma mère, je me suis interviewé moi-même, on a mis tout ça dans une grosse boîte en carton noire, entourée d’un ruban rouge, comme si c’était un coffret collector de disque. Je l’ai envoyé aux majors. Ça n’a pas pris tout de suite. Mais le patron d’Universal en Angleterre a fini par me donner rendez-vous dans un hôtel. Il m’a demandé de me mettre au piano et de chanter. Une heure et demie après, il me faisait une offre. Mon premier single, Grace Kelly, est une chanson de rage contre tous ces gens de l’industrie musicale qui ne voulaient pas de moi.

 

Sorti en 2007, votre premier album, « Life in Cartoon Motion », se vend à 7 millions d’exemplaires dans le monde, dont plus de 1 million en France. Et vous vous retrouvez au Parc des Princes devant 50 000 spectateurs, en juillet 2008. Comment vivez-vous ce succès fulgurant ?

Je chante, je me fiche du reste.

Je continue à faire mon job de chanteur que j’ai commencé jeune, avec la même équipe, la famille et les amis.

J’ai moins peur au Parc des Princes qu’à l’opéra : là c’est ma propre musique, c’est une fête !

 

Votre dernier album, « No Place in Heaven » (disque de platine en France), date de 2015. Sortirez-vous votre cinquième album cette année ?

Oui. J’ai mis une année de plus que les fois précédentes à le confectionner. J’écris mes textes, mes musiques, je coproduis, réalise les posters avec ma sœur, tout est artisanal. L’industrie de la musique a beaucoup changé cette dernière décennie, avec les tendances urbaines. Plus que jamais, ce que je dois faire, c’est suivre mes envies, travailler dans la mélodie, raconter des histoires à ma manière, avec des images, des personnages, des couleurs. Des histoires de temps en temps féeriques, de temps en temps extrêmement sombres, sales, douloureuses…

Créer un monde dans lequel se perdre durant une heure trente.

 

Vous êtes l’un des jurés de l’émission « The Voice » depuis 2014. Que vous apporte la télévision ?

Cette manière de parler de musique me plaît, comme dans un pub quand on discute entre copains de ce qu’on écoute.

Ça m’intéresse, aussi, de développer le potentiel de quelqu’un pendant une période courte et intense. Si ce genre d’émission avait existé quand je cherchais à percer, ça aurait été une option.

Mais je ne suis pas sûr que je m’en serais bien sorti. Dans toutes les auditions que je passais, j’étais toujours parmi les premiers éjectés. Je suis assez nul pour interpréter les chansons des autres.

 

Votre grand-père maternel syrien a émigré aux Etats-Unis en 1918, vos parents sont venus avec vous du Liban…

Quel regard portez-vous sur le sort des réfugiés syriens qui tentent de gagner l’Europe ?

C’est l’histoire humaine la plus importante de notre temps. Voir que ces êtres humains sont réduits à des statistiques me dérange énormément. Je ne connais personne qui s’abstiendrait de tendre la main si quelqu’un se noyait devant lui. C’est pourtant ce que font les politiques avec leurs mots.

 

 

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Thanks a million to you three Meggie, Cerise and Eriko. :group_hug: His words are so moving and sincere my eyes got wet while reading. :tears:  I will translate it as soon as I can hopefully during the week end.

Edited by crazyaboutmika
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12 hours ago, Kumazzz said:

Le Monde

2019/02/09/mika-a-l-ecole-j-etais-un-extraterrestre

Mika : « A l’école, j’étais un extraterrestre »

 

« Le Monde » interroge une personnalité en partant d’un moment décisif de son existence. Cette semaine, le chanteur raconte comment la musique s’est imposée dans sa vie, entre Beyrouth, Paris et Londres, mais toujours entouré des siens.

 

Auteur-compositeur et interprète d’une pop euphorisante, Mika a vendu plus de 10 millions de disques dans le monde depuis le succès de son premier album, Life in Cartoon Motion. Le chanteur libano-américain, âgé de 35 ans, sera de nouveau, à partir du 9 février, l’un des jurés de l’émission « The Voice », sur TF1, et s’apprête à sortir un cinquième album.

 

Je ne serais pas arrivé là si…

Si je n’avais pas été somnambule. La nuit, de mes 7 ans jusqu’au début de l’adolescence, je déplaçais les meubles de l’appartement. Je sortais même dans la rue sans que mes parents s’en aperçoivent. Une fois, les éboueurs m’ont ramené en pyjama et en chaussettes. Ma mère a fini par bloquer la porte de ma chambre. Ce somnambulisme, c’était de la magie dans mon quotidien. Ne pas tout contrôler, laisser l’inconscient me diriger sans penser aux conséquences, c’est comme ça que je suis devenu la personne et l’artiste que je suis. Etre inconscient, c’est indispensable à ma survie.

 

:uk:

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Mika: "At school, I was an alien"

 

"Le Monde" questions a personality starting from a decisive moment of its existence. This week, the singer tells how music has become essential in his life, between Beirut, Paris and London, but always surrounded by his family.

 

Songwriter and performer of an euphoric pop, Mika has sold more than 10 million records worldwide since the success of his debut album, Life in Cartoon Motion. The 35-year-old Lebanese-American singer will once again be one of the jury members of TF1's "The Voice" on February 9 and is about to release a fifth album.

 

I would not be here if ...

If I had not been sleepwalking. At night, from my seven years to the beginning of adolescence, I moved furniture from the apartment. I even went out on the street without my parents realizing it. Once, the garbage men brought me back in pajamas and socks. My mother ended up blocking the door of my room. This somnambulism was magic in my daily life. Do not control everything, let the unconscious lead me without thinking about the consequences, that's how I became the person and the artist that I am. Being unconscious is essential to my survival.

 

 

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Mika, à Paris, en novembre 2018. BENJAMIN DECOIN / BUREAU233

 

 

I'm so glad he's starting to talk about his synaesthesia!  :wub2:

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1 hour ago, Loo said:

I'm so glad he's starting to talk about his synaesthesia:wub2:

He is some sort of extra-terrestrial creature, which is so appealing :cloud:

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http://www.purepeople.com/article/the-voice-8-mika-bouche-bee-devant-le-magistral-gjon-s-tears-jenifer-boudee_a323744/1

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C'est parti ! La 8e saison de "The Voice" a démarré ce 9 février 2019 sur TF1. Les coachs Jenifer, Mika, Soprano et Julien Clerc ont auditionné les premiers Talents de cette cuvée très prometteuse !

Ce samedi 9 février 2019, Jenifer, Soprano, Mika et le nouveau coach Julien Clerc ont donné le coup d'envoi de la 8e saison de The Voice sur TF1. Comme le veut la tradition, chaque coach a tenté d'attirer les plus belles voix de France dans son équipe lors d'auditions à l'aveugle.

Pour rappel, une nouvelle règle vient pimenter cette nouvelle saison. Celle-ci permet aux coachs, lors des auditions à l'aveugle, de pouvoir "bloquer" une autre star du programme pour l'empêcher de recruter un Talent à ses dépens. C'est grâce à trois boutons présents devant elles que nos stars de la chanson pourront choisir quel coach concurrent elles souhaitent momentanément empêcher... Bien sûr, elles ne peuvent exercer ce blocage qu'une fois par coach.

Si vous avez manqué ce show exceptionnel, la suite de cet article est faite pour vous...

 

Résumé du 9 février 2019.

Gage : All Night Long – Lionel Richie

Gage a 42 ans et vient de Montréal. Son visage et son nom ne sont pas inconnus des Français puisque le chanteur a déjà eu quelques succès dans nos charts il y a quelques années (il a été disque d'or !), il faisait notamment les premières parties de Corneille. En 2012, il a tout arrêté : après un tremblement de terre en Haïti, il a voulu se rapprocher des siens. Il est de retour car il pense qu'il a encore beaucoup à faire découvrir de lui. Il espère que les coachs vont se retourner, notamment Soprano qu'il a déjà rencontré...

Face aux coachs, Gage reprend All Night Long de Lionel Richie. Dès les premières notes, Soprano se retourne. Tous les coachs sont séduits : Jenifer, Julien Clerc puis Mika se retournent à leur tour. Julien Clerc aime sa voix maîtrisée et le fait qu'il ne se force pas à être dans la démonstration vocale. Jenifer a aimé la solidité de la voix de Gage. "J'ai envie de travailler avec toi", lâche-t-elle.

Gage décide d'intégrer l'équipe de Mika.

Gjon's Tears : Christine – Christine And The Queens

Gjon's Tears a 20 ans et vient de Suisse. Il a commencé à chanter grâce à son grand-père qui a voulu qu'il lui interprète une chanson d'Elvis Presley. Devant les larmes de son grand-père, le jeune homme a cru avoir un super-pouvoir. Gjon veut aller au bout de l'aventure. "Je vais tout déchirer", lâche-t-il avant de monter sur scène. Son grand-père est aux premières loges pour assister à ce spectacle !

Face aux coachs, Gjon's Tears s'assoit derrière un piano et entame sa reprise de Christine. Une version piano voix très douce au début, qui séduit Mika en premier puis Jenifer... mais le show commence véritablement au refrain ! Devant les hautes notes du jeune homme, le public et les coachs sont soufflés. Soprano et Julien Clerc se retournent à leur tour. "Magnifique, quel joli moment", réagit Nikos. "Vous êtes un phénomène", estime Julien Clerc.

Gjon's Tears décide de rejoindre Mika lui aussi.

Laureen / Je suis venu te dire que je m'en vais – Serge Gainsbourg

Laureen a 18 ans et elle vient du Sud de la France. La jeune fille, qui porte toujours des chapeaux, a failli faire carrière par le passé... Elle avait signé dans une grosse maison de disques pour sortir un album mais les choses ne se sont finalement pas faites. Échaudée, Laureen a un peu baissé les bras... Aujourd'hui, elle fait une surprise à son père (présent dans le public) en débarquant sur scène sans le prévenir ! Elle veut lui montrer qu'elle n'a pas renoncé et qu'elle revient plus forte.

Face aux coachs, la jolie Laureen reprend Je suis venu te dire que je m'en vais. En la voyant débarquer, son père n'en croit pas ses yeux dans le public et les larmes montent très vite. Du côté des coachs, le succès est au rendez-vous. Jenifer et Julien Clerc se manifestent très vite, rejoints par Soprano et Mika en toute fin de prestation. C'est un carton plein ! "Tu as un timbre à part", a commenté Jenifer la voix sanglotante.

Laureen décide de rejoindre l'équipe de Julien Clerc.

Clément / Fils à papa – Vianney

Clément a 24 ans et vient de Corse. Il a déjà tenté sa chance dans The Voice il y a deux ans, malheureusement, aucun coach ne s'était retourné sur sa reprise de Christophe Maé. Quelque temps avant son audition, Clément avait connu le drame de perdre son papa et s'est laissé emporter par l'émotion. "C'était une thérapie pour moi mais c'était trop tôt", reconnaît-il. Aujourd'hui, il revient avec une énergie beaucoup plus positive et beaucoup plus d'expérience.

Face aux coachs, Clément entame sa prestation sans musique. Un silence religieux s'impose et entre deux lignes de texte, Mika et Jenifer se retournent. Quelques secondes plus tard, Soprano et Julien Clerc rejoignent la partie alors que le premier refrain n'a même pas encore retenti. Quel succès ! Mika dit à Clément qu'il a offert une des meilleures prestations qu'il a vues durant ses six saisons en tant que coach. "Tu es un OVNI, merci d'être là", lâche Soprano.

Clément décide de rejoindre Soprano.

Mayeul / Believer – Imagine Dragons

Mayeul a 26 ans et il est surveillant scolaire. Il fait de la musique par passion et principalement du rap. Il a commencé à l'âge de 18 ans. Il aime ce genre car les textes touchent directement les gens. Mayeul aime également le sport car ça lui permet d'être en forme sur scène. "Je suis un showman, j'ai qu'une envie c'est d'y aller ! J'ai hâte !", assure-t-il avant de monter sur scène.

Face aux coachs, Mayeul donne tout dès les premières secondes. Soprano et Jenifer sont directement emballés et buzzent la prestation. Mika a envie mais il trouve que cela manque de coffre sur les refrains. Au final, Mika et Julien Clerc ne se retournent pas. Soprano apprécie que le Talent soit venu avec son texte sur les couplets. "Tu acceptes la mise à nu, c'est ça qui est intéressant", lâche Jenifer.

Mayeul décide d'intégrer l'équipe de Soprano.

Agathe / I'd Rather Go Blind – Etta James

Agathe a 26 ans et vient de Toulouse.

Dès les premières notes, Jenifer est emballée... C'est son style musical préféré ! Sa reprise d'Etta James étant très propre, les coachs sont emballés même s'ils ne se manifestent pas tout de suite. Mika, un brin fourbe, utilise la nouveauté de la saison et "bloque" Jenifer pour qu'elle ne puisse pas recruter Agathe. Jenifer ne s'en rend pas compte durant la prestation, se retourne, et ne voit pas la lumière rouge autour d'elle. Mika ne cesse de rire ! Il faudra attendre les applaudissements en fin de prestation pour que la chanteuse se rende compte de son sort. Auparavant, Julien Clerc et Soprano s'étaient également manifestés.

Agathe choisit d'embarquer avec Mika.

Poupie / Me, Myself And I – G-Eazy & Bebe Rexha

Poupie a 20 ans et vient de Lyon. Elle se définit comme dynamique, généreuse et excentrique. Elle reconnaît qu'elle n'est pas toujours très cadrée... Avant de monter sur scène, Nikos lui diffuse un message plein d'ondes positives enregistré par une très bonne amie qui a toujours cru en elle. Ce soir, dans The Voice, elle veut vraiment "transmettre la folie de sa musique."

Face aux coachs, Poupie entame sa prestation avec détermination. Aux premières notes aiguës, la jeune homme s'attire instantanément les faveurs de Jenifer et Soprano. Mika se dit très fan mais ne se retourne pas. Lorsque les couplets en espagnol arrivent, Mika et Julien Clerc buzzent en dabant. Poupie fait le show et les quatre coachs sont debout ! "C'était lourd", estime Soprano. Jenifer, qui a toujours ZERO talent dans son équipe se donne à 1000%, elle monte sur scène pour rejoindre Poupie, elle empêche Mika de parler... Jenifer fait le show !

Poupie décide de choisir son équipe au plouf plouf et tombe sur Jenifer. La coach est heureuse !

Shaun / Ziggy – Celine Dion

Shaun a 24 ans et travaille comme chanteur dans un restaurant à Paris. Il a vécu en Martinique et en Guadeloupe, il est revenu en métropole à 11 ans et a eu beaucoup de mal à s'intégrer. Il s'est complètement renfermé sur lui-même. Heureusement, la musique a toujours été là pour lui et lui a permis de reprendre progressivement du poil de la bête. Après le bac, Shaun s'est lancé dans le gospel et a voulu être sur le devant de la scène. "Je suis prêt ! J'ai peur d'être trop pris dans mes émotions", lâche Shaun.

Face aux coachs, Shaun entame sa version revisitée de Ziggy de Céline Dion. Sa version émeut beaucoup. Au milieu de sa prestation, à cause du trac, le candidat n'arrive plus à chanter... Il se reprend quelques secondes plus tard, soutenu par le public, et finalement Julien Clerc et Mika se retournent à la fin. Un joli happy end !

Shaun décide d'embarquer avec Julien Clerc.

Résumé des équipes

Julien Clerc : Laureen, Shaun

Jenifer : Poupie

Mika : Gjon's Tears, Gage, Agathe

Soprano : Clément, Mayeul

 

Côté audiences, ce premier épisode de The Voice 8 a été suivi par 5,6 millions de téléspectateurs. Un joli score permettant à TF1 de se hisser en première place du classement.

Le 10 Février 2019 - 12h50
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http://www.leparisien.fr/culture-loisirs/tv/mika-soprano-jenifer-julien-clerc-le-jury-de-the-voice-passe-au-peigne-fin-09-02-2019-8007876.php

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«The Voice» revient samedi soir sur TF1, pour une 8e saison marqué par plusieurs changements, dont une équipe de coachs fortement remaniée.

Jour J pour le nouveau jury de « The Voice », à l’occasion de la saison 8. Depuis la première saison, l’équipe de coachs du plus populaire télé-crochet de France n’a jamais été autant remaniée. Bye bye les Obispo, Pagny, et Zazie des précédentes éditions, qui affichaient des profils qui se ressemblaient beaucoup, tant dans le style musical que par leur génération commune. Mika, le seul coach rescapé de la précédente saison, fait désormais équipe avec une Jenifer de retour, le rappeur Soprano (après une première saison dans la version « Kids »), et Julien Clerc, qui fait son entrée avec beaucoup de rigueur dans l’exercice.

Ce coup de jeune se traduit aussi chez les candidats. Plus de 10 000 aspirants ont envoyé leur candidature, 1500 ont passé le casting, et 130 subi les auditions à l’aveugle, tournées sur cinq soirs en novembre dernier et diffusées tous les samedis, à 21 heures sur TF1. Mais même si le casting offre quelques pépites (comme une très jolie réinterprétation de Christine and the Queens), les véritables stars de cette première soirée sont les quatre coachs. Comment s’en sortent-ils dans cette nouvelle configuration ? Nous les avons passé au crible, relevant leurs bons et mauvais points.

Soprano, la nouvelle idole des jeunes

 

-

/LP/Frédéric Dugit

 

Ses plus. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour le hip-hop, cela veut dire beaucoup ! Soprano possède un atout de taille : c’est le premier rappeur à s’asseoir dans le fauteuil rouge de coach de « The Voice ». Tout un symbole. Et cela tombe bien, la « pop urbaine », le style dont il est ambassadeur, à mi-chemin entre pop mélodique et rap, cartonne. À seulement 40 ans, c’est le timing parfait pour cet auteur-compositeur. Propulsé, avec ses trois derniers albums, comme un des artistes les plus populaires de France, il entame en mars une tournée de ... stades ! Sa tchatche marseillaise, teintée d’une insubmersible bonne humeur, fait de Soprano, un coach qui distribue les conseils bienveillants comme les petits pains. Que ce soit entre deux prises ou devant la caméra, il harangue le public et fait rigoler tout le monde. À commencer par Jenifer, dont leur complicité depuis les Enfoirés saute aux yeux. Le costume de coach lui va comme un gant.

Ses moins. Sa gentillesse le perdra. Le rappeur marseillais ne va pas changer, sa bonté naturelle n’est pas artificielle. Ce qui est plutôt une qualité indiscutable dans la vraie vie peut se transformer en défaut. Dans cette première série d’auditions à l’aveugle, le supporter de l’OM pourrait être plus offensif face à ses collègues du jury. Lors de cette première soirée, pas de passes d’armes réelles pour remporter un candidat qui souhaiterait partir ailleurs. On aimerait voir plus souvent son côté attaquant, compétiteur et taquin. Attention à ne pas succomber au syndrome du Bisounours !

Jenifer, le retour de la patronne

 

-

/LP/Delphine Goldsztejn

 

Ses plus. La star de la pop française avait quitté son fauteuil de coach à l’issue de la saison 4 en 2015, tout en restant coach de la version « Kids » du programme. Son retour est une bouffée d’air frais, et pas seulement à cause de sa robe tout en transparence inspirée des créations de Paco Rabanne dans les années 70. Sa sensibilité assumée en fait un atout de taille pour façonner de futurs artistes singuliers. Et on aime son espièglerie de petite fille qui séduit les candidats, la tête penchée avec ses cils qui papillonnent. Sans parler bien sûr de sa mythique chorégraphie chaloupée quand elle exulte de joie après une bonne recrue.

Ses moins. La seule coach féminine a perdu un peu le rythme pour convaincre les candidats à intégrer son équipe. Dans la première session d’auditions à l’aveugle, la chanteuse, qui commence une nouvelle tournée en mars chez elle à Ajaccio, manque d’arguments à côté de ses collègues. Et paraît forcément un peu effacée à côté des petits nouveaux de la classe.

Mika, le taulier

 

-

/LP/Yann Foreix

 

Ses plus. « C’est moi le boss ! » s’amuse Mika en début d’émission lors de cette première soirée. Dans son fauteuil depuis 6 saisons, il est le seul coach rescapé. Il connaît tous les rouages, s’en amusant sans retenue. C’est d’ailleurs logiquement, lui, qui ouvre les hostilités en testant la nouvelle règle de la saison, un nouveau bouton qui permet à tout juré d’en bloquer un autre. Le vrai taulier, c’est lui ! Il offre une valeur sûre aux candidats.

Ses moins. On a beau se creuser la tête, difficile de trouver des éléments négatifs sur Mika, tant l’interprète de « Relax » incarne la bienveillance ! À bien chercher, on peut quand même conseiller à la star internationale libanaise de travailler ses expressions en français, qui offensent parfois la grammaire. Enfin, une petite coupe de cheveux ne serait pas de trop. Lui qui arbore un modèle XXL, a fait beaucoup parler dans les coulisses du tournage.

Julien Clerc, une figure paternelle

 

-

/Bureau 223/Etienne Jeanneret

 

Ses plus. Quelle culture ! Jamais « The Voice » n’aura eu un coach avec autant d’épaisseur. Véritable pilier du patrimoine de la chanson française, Julien Clerc fait monter en gamme le télé-crochet. Avec ses 50 ans de carrière, l’auteur-compositeur est un puits de sciences. Ses interventions sur les prestations se boivent comme du petit lait. Il est un grand fan de l’émission qu’il a dévorée dans la perspective d’intégrer le jury cette année. Et cela se saute aux yeux. Julien Clerc, érudit, est instantanément à l’aise dans son fauteuil. « Il faut travailler les médiums et les basses, c’est eux qui font la courte échelle pour les aiguës », conseille-t-il dans un élan de poésie à un chanteur lors de l’enregistrement des auditions à l’aveugle. Une figure paternelle et tutélaire qui donne beaucoup de profondeur au programme. On en redemande.

Ses moins. Il avait prévenu... Il n’allait pas sauter de son fauteuil comme un cabri. Mais à côté des autres coachs, notamment de Mika ou Soprano qui n’arrêtent pas de sortir des cases, au sens propre comme figuré, l’auteur-compositeur de 72 ans apparaît un peu moins dynamique.

 

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https://www.telestar.fr/tele-realite/the-voice/video-the-voice-9-jenifer-bloquee-par-mika-la-sequence-hilarante-407820

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Lors de cette première audition à l'aveugle de The Voice, Jenifer a été mise hors jeu par Mika, la faute à une toute nouvelle règle, le block.

Jenifer ne s'y attendait vraiment pas, et pourtant... Lors de cette première émission des auditions à l'aveugle de The Voice 8, la chanteuse de Notre idylle s'est retrouvée moquée par ses petits camarades coachs, et pour cause, elle n'a pas pu se défendre face à un talent qu'elle voulait, la faute à une nouveauté du programme. En effet, cette saison, chaque coach a la possibilité de bloquer un camarade pendant les auditions à l'aveugle pour l'empêcher de prendre un talent. Cette chance peut être utilisée qu'une seule et unique fois.

La première a en faire les frais a donc été Jenifer. On a pu la voir danser, féliciter le talent (Agathe, en l'occurrence), devant le regard moqueur de Mika qui a complètement décroché de la prestation après avoir bloquée sa collègue. Le chanteur était tellement heureux d'avoir utilisé le "block" devant lui qu'il n'a cessé de rigoler, pour notre plus grand plaisir. Le tout a évidemment donné lieu au moment comique de cette première émission de la saison.

 

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https://www.gala.fr/mode/les_stars_et_la_mode/the-voice-mika-decouvrez-les-secrets-qui-se-cache-derriere-sa-veste-excentrique_425456

The Voice – Mika : découvrez la jolie histoire qui se cache derrière sa veste excentrique

Le coach se fait rhabiller par sa mère

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Elle va faire parler d'elle, cette veste. D'abord parce qu'elle tranche avec tout ce à quoi Mika nous avait habitué depuis cinq ans. Mais aussi parce qu'il la doit à sa maman, Joannie. Explications…

C'est un dandy, on le sait. Accroc à la mode, on le voit. Fidèle, pour ce qui est de ses chaussures, à Christian Louboutin. Mais cette année 2019, pour ouvrir la huitième saison de The Voice – sa sixième en tant que coach – Mika a confié son look à sa maman, Joannie. Car il aime travailler en famille, Mika. Deux de ses soeurs et sa mère sont toujours présentes.

Sa maman, Johnna s'occupe de son stylisme depuis les débuts. Souvent physiquement présente en coulisses, elle regorge de bons conseils pour sa star de fiston. Et plutôt que de s'en remettre – comme c'était le cas lors des précédentes éditions du télécrochet produit par ITV Studios France – à une grande maison de couture (sa préférence est longtemps allée à Valentino), Joannie a décidé cette fois de dessiner elle-même la veste que porte Mika durant toutes les phases d'auditions à l'aveugle.

Elle a choisi le tissu, un soyeux rouge et or aux motifs très orientaux, «  designé  » le modèle et l'a fait réaliser sur mesure par un couturier. Un modèle de veste plus qu'unique pour une personnalité hors du commun. Cela suffira-t-il pour le seul coach rescapé des précédentes éditions à attirer à lui les meilleurs talents ? Fashion affaire à suivre…

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http://tvmag.lefigaro.fr/programme-tv/the-voice-mika-n-a-pas-compris-la-nouvelle-regle-des-auditions-a-l-aveugle_bf420ed6-2ba8-11e9-9279-a223b4194805/

 

image.thumb.png.7dbdd0b7ed5530941ff4a253fffd7e14.png

La nouvelle règle du blocage vient de la version américaine de The Voice. Durant les auditions à l’aveugle de la quatorzième saison diffusée il y a un an sur NBC, Alicia Keys, Kelly Clarkson, Adam Levine et Blake Shelton avaient pu bloquer une fois chacun un de leur voisin durant la prestation d’un talent. Pour que l’action soit validée, le blocage devait être activé avant que le coach visé n’ait buzzé. Si ce dernier ne se retournait pas, l’auteur du blocage conservait son joker.

» LIRE AUSSI - The Voice: débuts réussis pour Julien Clerc et Soprano

Expérimentée avec succès à deux reprises de l’autre côté de l’Atlantique, ITV Studios France a décidé d’importer cette nouvelle règle pour la saison 8 de The Voice. Dès la première session d’enregistrement des auditions à l’aveugle, Mika a utilisé son bouton de blocage contre Jenifer pendant que la chanteuse toulousaine Agathe interprétait I’d Rather Go Blind d’Etta James. Voyant sa voisine intéressée, il l’a malicieusement incitée à regarder Julien Clerc et profiter qu’elle tourne la tête pour activer son blocage contre elle.

The Voice

Ce n’est qu’à la fin de la chanson que l’ancienne lauréate de la Star Academy a remarqué qu’elle ne pourrait pas pouvoir faire venir Agathe dans son équipe. «J’ai bloqué Jenifer parce que j’étais sûr qu’elle allait se retourner pour toi», a expliqué Mika au talent de 26 ans. «Ce n’est pas juste pour énerver ma copine, c’est une prise de risque. On ne peut bloquer que trois fois donc quand on utilise ce joker, c’est comme si on utilisait une de nos trois vies pour toute la saison. J’ai utilisé une de ces vies pour toi.»

Un discours qui a fait mouche puisqu’Agathe a rejoint l’équipe de l’artiste d’origine libanaise. Mais avant qu’un autre talent se présente sur scène, un membre de la production est venu réexpliquer à Mika le fonctionnement de la règle du bloquage. En découvrant qu’il ne pourrait plus l’utiliser, il s’est exclamé, en plaisantant: «Mais elle est nulle cette règle!». À l’antenne, Julien Clerc lui a confirmé que «le coup des trois vies», il ne pourra plus le refaire. «Tu ne peux plus bloquer», lui a dit Soprano.

 

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23 hours ago, Kumazzz said:

Le Monde

 

 

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« Le Monde » interroge une personnalité en partant d’un moment décisif de son existence. Cette semaine, le chanteur raconte comment la musique s’est imposée dans sa vie, entre Beyrouth, Paris et Londres, mais toujours entouré des siens.

 

Auteur-compositeur et interprète d’une pop euphorisante, Mika a vendu plus de 10 millions de disques dans le monde depuis le succès de son premier album, Life in Cartoon Motion. Le chanteur libano-américain, âgé de 35 ans, sera de nouveau, à partir du 9 février, l’un des jurés de l’émission « The Voice », sur TF1, et s’apprête à sortir un cinquième album.

 

Je ne serais pas arrivé là si…

Si je n’avais pas été somnambule. La nuit, de mes 7 ans jusqu’au début de l’adolescence, je déplaçais les meubles de l’appartement. Je sortais même dans la rue sans que mes parents s’en aperçoivent. Une fois, les éboueurs m’ont ramené en pyjama et en chaussettes. Ma mère a fini par bloquer la porte de ma chambre. Ce somnambulisme, c’était de la magie dans mon quotidien. Ne pas tout contrôler, laisser l’inconscient me diriger sans penser aux conséquences, c’est comme ça que je suis devenu la personne et l’artiste que je suis. Etre inconscient, c’est indispensable à ma survie.

 

Avant d’être Mika, vous êtes né Michael Holbrook Penniman, en 1983, au Liban, dans une famille chrétienne maronite contrainte de se réfugier en France un an plus tard pour fuir la guerre…

La vie quotidienne à Beyrouth était devenue très difficile et dangereuse. Une nuit, la moitié de l’appartement avait été détruite par un bombardement. Ma mère est libano-syrienne mais mon père est américain, né à Jérusalem, élevé au Caire, à Washington, à Londres… Ils ont pu partir pour Chypre, puis ont choisi Paris. Il y avait un lien avec le Liban. Ma mère avait appris le français.

 

Quel souvenir gardez-vous de vos années parisiennes ?

Celui d’une enfance très joyeuse. On habitait dans le 16e arrondissement, square Lamartine, mon père avait un très bon job dans la finance, je fréquentais une petite école privée, le cours Victor-Hugo. A la maison, c’était Paris-Beyrouth. La nourriture était franco-arabe. Beaucoup de gens attendaient chez nous la fin de la guerre. Le temps était un peu suspendu. Ma mère confectionnait des habits pour enfants. Son atelier, c’était la salle à manger et le salon. Comme elle avait beaucoup de commandes des grands magasins, on entendait le bruit des machines à coudre même la nuit. On avait le droit de l’accompagner dans le Sentier choisir des tissus pour nos vêtements qu’elle faisait elle-même. Mes shorts, mes chemises, mes nœuds papillon étaient une manière de m’exprimer, de m’amuser. A Noël, on devait fabriquer nous-mêmes les cadeaux, et ne surtout pas les acheter – de toute façon, on n’avait pas d’argent de poche. Créer, c’était normal, c’était la vie. Et la musique faisait partie de ça.

 

Justement, comment ce goût pour la musique est-il né ?

J’avais des cours de piano avec des sœurs jumelles, un peu vieilles, qui mangeaient constamment des gâteaux. Elles s’asseyaient de chaque côté de moi, l’une s’occupait de la main droite, l’autre de la main gauche. Tout allait bien, je lisais la musique, je commençais à jouer… Et surtout, il y avait de la musique du matin au soir, dans cet appartement, où la vie était très intense. Ma mère, les couturières, tout le monde chantait sur Nina Simone, Bob Dylan, Joan Baez, Georges Moustaki, Jean Ferrat, Gainsbourg, les Rolling Stones, Fairouz, Oum Kalthoum… La musique est devenue pour moi une évidence. J’avais des mallettes remplies de cassettes que j’enregistrais, je me faisais des « playlists » classées par émotion et par couleur – parce que, la musique, je la « sentais » rouge ou verte. Quand les choses ont mal tourné, le volume de la musique a augmenté à la maison.

 

Qu’est-il arrivé ?

Mon père a été envoyé par sa banque en voyage d’affaires, au Koweït. Il s’est trouvé pris dans l’invasion du Koweït par Saddam Hussein, pendant la première guerre du Golfe, et a été retenu à l’ambassade américaine pendant huit mois. Nous n’avions pas de contact, juste un fax de temps en temps. La stabilité qu’on connaissait avec mes sœurs s’est alors écroulée. Quand mon père est revenu, barbu, amaigri, ses yeux étaient différents. On ne l’a plus appelé « papa » mais « Mike », je ne sais pas pourquoi. Après le traumatisme qu’il avait vécu, il a eu du mal, il a été licencié. On a tout perdu. J’ai appris à gérer les huissiers : quand ils sonnent, dire qu’il n’y a pas d’adultes à la maison, qu’on ne peut pas ouvrir parce qu’on ne les connaît pas. Mais à la quatrième visite, je les ai vus tout prendre chez nous, moi assis sur le canapé rouge. Je ne pardonnerai jamais à un système qui permet ça. Cette invasion dans ce qui est sacré, la maison. Cette punition injustifiée…

 

Comment ont réagi vos parents ?

Mon père était de plus en plus silencieux. Ma mère, extrêmement déterminée. Un soir, on s’est entassés dans la Toyota Previa et on est partis à Londres. On a atterri dans un bed & breakfast. C’était censé être pour deux semaines, on est restés deux ans. Quand mon père ne gagnait pas assez de sous, ma mère travaillait en cuisine.

 

A 8 ans, vous avez commencé à fréquenter les cours élémentaires du Lycée français de Londres. Et vous y avez été victime d’un harcèlement dont vous avez témoigné fin 2018, lors de la journée nationale contre ce fléau…

J’ai eu des problèmes parce que, d’un coup, je suis devenu dyslexique. J’ai oublié le solfège, et même comment lire et écrire. Parti ! Je parlais anglais avec un accent parisien. J’étais habillé avec mes shorts roses, mes salopettes à pois jaunes, mon nœud pap’ dans le même tissu. A Paris, on me prenait en photo quand j’accompagnais ma mère dans les défilés de mode. Là, j’étais un extraterrestre ! Une prof qui portait toujours un manteau violet et un petit chapeau noir m’a choisi, avec deux autres élèves, comme victimes de sa rage. Elle me faisait grimper sur une chaise et elle m’humiliait, me disant devant tout le monde que j’étais stupide, paresseux, que tout ce que je voulais c’était jouer – heureusement, je n’ai pas changé ! Elle écrivait d’atroces poèmes sur nous que les autres élèves devaient réciter. J’ai arrêté de parler, je voulais devenir invisible, ne plus être là. A la maison non plus, je ne parlais presque plus, je n’écoutais plus de musique. Mes parents ne comprenaient pas. Jusqu’à ce qu’un jour, en rapportant mon sac dans la classe, ma sœur Paloma entende la maîtresse me parler. Mon père est venu, a répété à l’enseignante les propos qu’elle m’avait tenus et elle s’est évanouie. J’ai été renvoyé par le directeur. Je suis rentré en sautillant et en chantant « La sorcière est morte ! » J’avais en tête l’image de la méchante sorcière du Magicien d’Oz qui fond à cause de l’eau.

 

Qu’avez-vous fait de vos journées pendant cette période où vous étiez déscolarisé ?

J’allais au parc avec trois dames, espagnole, libanaise, marocaine, qui passaient leur temps à la maison à boire du thé et à chanter. Ensuite, ma mère a fait venir un professeur de piano tout juste arrivé de Russie. Il parlait peu et sentait cette sueur qui arrive après des heures de piano. Quand il a réalisé que je ne pouvais pas lire les notes, son visage a changé. La semaine suivante, il a envoyé sa femme en remplacement. Une chanteuse d’opéra qui semblait sortir des années 1920, avec son col brodé haut. Elle était censée me donner des cours de piano mais elle n’en jouait pas vraiment. Elle a commencé à chanter la mélodie, j’ai chanté avec elle. Les mélodies se sont compliquées, c’est devenu du Schubert, du Brahms, du Britten.

Trois mois plus tard, j’avais mon premier job. A 9 ans, j’étais choriste à l’Opéra royal, dans Die Frau ohne Schatten, de Richard Strauss. Le théâtre ! Covent Garden ! Cette boîte géante magique, rouge, dorée, où l’on chante, où les gens ne travaillent pas dans une banque, ne vont pas à l’école, ils montent sur scène et la vie passe rapidement. J’ai décidé que c’était ce que je voulais faire.

 

Mais vous avez bien dû reprendre l’école, au bout de quelques mois ?

Oui parce que les enfants d’une petite école voisine de la maison me voyaient jouer tous les jours dans le jardin avec mes deux lapins, m’entendaient chanter. Ils sont allés se plaindre à leur directeur. C’était inacceptable que je ne fasse que jouer ! Le directeur m’a demandé d’épeler des mots, il a vu que j’avais beaucoup de problèmes. J’ai repris l’école, mais ma mère a négocié un arrangement, et j’ai bénéficié d’une grande tolérance pour continuer la musique.

 

Jeune homme, vous avez été admis au Royal College of Music. Comment êtes-vous finalement passé du chant lyrique à la pop music ?

Le Royal College, c’était un rêve. La cacophonie qui y régnait me faisait penser au salon de ma mère, à Paris. Mais j’ai compris que je n’étais pas aussi fort que les autres chanteurs lyriques. Je devais donc écrire mon propre matériau. Avec l’argent que je gagnais comme serveur, et l’aide des autres élèves, j’ai fait des maquettes de chansons pop. La voix sur Happy Ending, par exemple, c’est celle d’Ida Falk Winland, qui est devenue une grande chanteuse d’opéra. J’écrivais, j’écrivais, j’écrivais. J’ai commencé à enregistrer des chansons dès 11 ans. En échange de musiques que je créais pour la pub, je demandais des heures de studio d’enregistrement. Après, je faisais le tour des bureaux de Sony, d’EMI, de Warner, avec mon « ghetto-blaster » [radiocassette des années 1970-1980 célèbre pour sa taille démesurée]. Je passais mes chansons à la secrétaire, qui n’avait aucune idée de quoi en faire et m’envoyait vers une autre secrétaire, et je grimpais tous les étages comme ça. Il y avait toujours un moment où je recevais une lettre de refus du label, avec un logo à côté de mon nom. J’étais fier, j’existais !

 

Après tous ces refus, comment votre carrière a-t-elle pu démarrer ?

Comme personne ne voulait me signer, je suis revenu dans l’atelier principal : la maison. Ma mère m’a fait des habits, j’ai changé le « C » de Mica en « K » pour que ce soit plus fort, on a dessiné une pochette et un logo avec ma sœur Yasmine, on a pris des photos avec l’Olympus de ma mère, je me suis interviewé moi-même, on a mis tout ça dans une grosse boîte en carton noire, entourée d’un ruban rouge, comme si c’était un coffret collector de disque. Je l’ai envoyé aux majors. Ça n’a pas pris tout de suite. Mais le patron d’Universal en Angleterre a fini par me donner rendez-vous dans un hôtel. Il m’a demandé de me mettre au piano et de chanter. Une heure et demie après, il me faisait une offre. Mon premier single, Grace Kelly, est une chanson de rage contre tous ces gens de l’industrie musicale qui ne voulaient pas de moi.

 

Sorti en 2007, votre premier album, « Life in Cartoon Motion », se vend à 7 millions d’exemplaires dans le monde, dont plus de 1 million en France. Et vous vous retrouvez au Parc des Princes devant 50 000 spectateurs, en juillet 2008. Comment vivez-vous ce succès fulgurant ?

Je chante, je me fiche du reste.

Je continue à faire mon job de chanteur que j’ai commencé jeune, avec la même équipe, la famille et les amis.

J’ai moins peur au Parc des Princes qu’à l’opéra : là c’est ma propre musique, c’est une fête !

 

Votre dernier album, « No Place in Heaven » (disque de platine en France), date de 2015. Sortirez-vous votre cinquième album cette année ?

Oui. J’ai mis une année de plus que les fois précédentes à le confectionner. J’écris mes textes, mes musiques, je coproduis, réalise les posters avec ma sœur, tout est artisanal. L’industrie de la musique a beaucoup changé cette dernière décennie, avec les tendances urbaines. Plus que jamais, ce que je dois faire, c’est suivre mes envies, travailler dans la mélodie, raconter des histoires à ma manière, avec des images, des personnages, des couleurs. Des histoires de temps en temps féeriques, de temps en temps extrêmement sombres, sales, douloureuses…

Créer un monde dans lequel se perdre durant une heure trente.

 

Vous êtes l’un des jurés de l’émission « The Voice » depuis 2014. Que vous apporte la télévision ?

Cette manière de parler de musique me plaît, comme dans un pub quand on discute entre copains de ce qu’on écoute.

Ça m’intéresse, aussi, de développer le potentiel de quelqu’un pendant une période courte et intense. Si ce genre d’émission avait existé quand je cherchais à percer, ça aurait été une option.

Mais je ne suis pas sûr que je m’en serais bien sorti. Dans toutes les auditions que je passais, j’étais toujours parmi les premiers éjectés. Je suis assez nul pour interpréter les chansons des autres.

 

Votre grand-père maternel syrien a émigré aux Etats-Unis en 1918, vos parents sont venus avec vous du Liban…

Quel regard portez-vous sur le sort des réfugiés syriens qui tentent de gagner l’Europe ?

C’est l’histoire humaine la plus importante de notre temps. Voir que ces êtres humains sont réduits à des statistiques me dérange énormément. Je ne connais personne qui s’abstiendrait de tendre la main si quelqu’un se noyait devant lui. C’est pourtant ce que font les politiques avec leurs mots.

 

 

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Le Monde

 

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Gala France

https://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars/exclu-video-mika-balance-sur-ses-camarades-coachs-de-the-voice_425337

 

At The Voice press conference on January 10th 2019.

 

EXCLU VIDEO –

Mika balance sur ses camarades coachs de The Voice !

« Jenifer ? Elle adore la boue et les bottes en caoutchouc ! »

  • mercredi 6 février 2019 à 13:30 | Mise à jour le mercredi 6 février 2019 à 13:20

Il frétille d'impatience ! Alors que démarre samedi sur TF1 la huitième saison de The Voice, le coach Mika est dans tous ses états.

« C'est ma sixième année dans le fauteuil rouge. Maintenant, je suis le boss ! »

 

Mika ne change pas. Depuis plus de cinq ans qu'il est installé dans le fauteuil rouge des coachs de The Voice, le chanteur n'a pas pris, ni la grosse tête, ni la poudre d'escampette. « The Voice, c'est un rendez-vous. Le public l'attend. Nous aussi » nous glisse-t-il, ravi.

Ravi aussi de ses nouveaux camarades de jeu : Jenifer (qui revient après trois ans d'absence), Soprano (promu de la version Kids) et Julien Clerc (le néophyte).

Porte-bonheur.

Pour toutes les phases d'audition à l'aveugle, c'est sa maman, Joannie, qui a dessiné sa veste, choisi le tissu, fait tailler et coudre sur mesure.

Au top de l'élégance, Mika est prêt à en découdre avec les autres coachs, pour réunir les meilleurs talents et les mener le plus loin possible dans l'aventure. Début des festivités, samedi soir sur TF1…

:uk:

Spoiler

EXCLUDED VIDEO -

 

Mika swings on her fellow coaches of The Voice!
"Jenifer? She loves mud and rubber boots! "

Mika swings on her comrades coaches of The Voice!

"Jenifer? She loves mud and rubber boots! "

   

Wednesday, February 6, 2019 at 13:30 | Updated on Wednesday February 6th, 2019 at 13:20

 

He wriggles with impatience! As TF1 starts the eighth season of The Voice on Saturday, coach Mika is in a state of disarray.

"This is my sixth year in the red chair. Now, I am the boss! "

Mika does not change. For more than five years now, he has been sitting in the Red Chair of The Voice coaches, and the singer has not taken either the big head or the powder. "The Voice is an appointment. The public is waiting for it. We too, "he slips, delighted.

Also delighted by his new playmates: Jenifer (who returns after three years of absence), Soprano (promoted from the Kids version) and Julien Clerc (the neophyte).

Lucky charm. For all phases of blind audition, it was his mom, Joannie, who designed his jackets, chose the fabric, cut and sew to measure.

At the top of elegance, Mika is ready to fight with the other coaches, to bring together the best talents and lead them as far as possible in the adventure. Start of the festivities, Saturday evening on TF1 ...

 

 

 

Edited by Kumazzz
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32 minutes ago, Kumazzz said:

Gala France

https://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars/exclu-video-mika-balance-sur-ses-camarades-coachs-de-the-voice_425337

 

At The Voice press conference on January 10th 2019.

 

EXCLU VIDEO –

Mika balance sur ses camarades coachs de The Voice !

« Jenifer ? Elle adore la boue et les bottes en caoutchouc ! »

  • mercredi 6 février 2019 à 13:30 | Mise à jour le mercredi 6 février 2019 à 13:20

Il frétille d'impatience ! Alors que démarre samedi sur TF1 la huitième saison de The Voice, le coach Mika est dans tous ses états.

« C'est ma sixième année dans le fauteuil rouge. Maintenant, je suis le boss ! »

 

Mika ne change pas. Depuis plus de cinq ans qu'il est installé dans le fauteuil rouge des coachs de The Voice, le chanteur n'a pas pris, ni la grosse tête, ni la poudre d'escampette. « The Voice, c'est un rendez-vous. Le public l'attend. Nous aussi » nous glisse-t-il, ravi.

Ravi aussi de ses nouveaux camarades de jeu : Jenifer (qui revient après trois ans d'absence), Soprano (promu de la version Kids) et Julien Clerc (le néophyte).

Porte-bonheur.

Pour toutes les phases d'audition à l'aveugle, c'est sa maman, Joannie, qui a dessiné sa veste, choisi le tissu, fait tailler et coudre sur mesure.

Au top de l'élégance, Mika est prêt à en découdre avec les autres coachs, pour réunir les meilleurs talents et les mener le plus loin possible dans l'aventure. Début des festivités, samedi soir sur TF1…

:uk:

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EXCLUDED VIDEO -

 

Mika swings on her fellow coaches of The Voice!
"Jenifer? She loves mud and rubber boots! "

Mika swings on her comrades coaches of The Voice!

"Jenifer? She loves mud and rubber boots! "

   

Wednesday, February 6, 2019 at 13:30 | Updated on Wednesday February 6th, 2019 at 13:20

 

He wriggles with impatience! As TF1 starts the eighth season of The Voice on Saturday, coach Mika is in a state of disarray.

"This is my sixth year in the red chair. Now, I am the boss! "

Mika does not change. For more than five years now, he has been sitting in the Red Chair of The Voice coaches, and the singer has not taken either the big head or the powder. "The Voice is an appointment. The public is waiting for it. We too, "he slips, delighted.

Also delighted by his new playmates: Jenifer (who returns after three years of absence), Soprano (promoted from the Kids version) and Julien Clerc (the neophyte).

Lucky charm. For all phases of blind audition, it was his mom, Joannie, who designed his jackets, chose the fabric, cut and sew to measure.

At the top of elegance, Mika is ready to fight with the other coaches, to bring together the best talents and lead them as far as possible in the adventure. Start of the festivities, Saturday evening on TF1 ...

 

 

 

MP4 ( 12.1 MB )

 

 

 

 

I can't hear the sound, is it how the video was shared?

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On 2/11/2019 at 7:22 AM, sara09 said:

 

I can't hear the sound, is it how the video was shared?

 

:shocked:sorry, I'll fix it soon !!

 

@sara09

Here it is.

 

 

 

Edited by Kumazzz
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9 minutes ago, Kumazzz said:

 

:shocked:sorry, I'll fix it soon !!

Don't worry Eriko, thank you! :flowers2: I thought the video was made like that purposefully, since it has subtitles :)

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On 2/9/2019 at 4:45 PM, Kumazzz said:

 

Thanks a million for sharing @Ceriise and Mika France @Meggy

 

Le Monde

 

 

  Reveal hidden contents

 

« Le Monde » interroge une personnalité en partant d’un moment décisif de son existence. Cette semaine, le chanteur raconte comment la musique s’est imposée dans sa vie, entre Beyrouth, Paris et Londres, mais toujours entouré des siens.

 

Auteur-compositeur et interprète d’une pop euphorisante, Mika a vendu plus de 10 millions de disques dans le monde depuis le succès de son premier album, Life in Cartoon Motion. Le chanteur libano-américain, âgé de 35 ans, sera de nouveau, à partir du 9 février, l’un des jurés de l’émission « The Voice », sur TF1, et s’apprête à sortir un cinquième album.

 

Je ne serais pas arrivé là si…

Si je n’avais pas été somnambule. La nuit, de mes 7 ans jusqu’au début de l’adolescence, je déplaçais les meubles de l’appartement. Je sortais même dans la rue sans que mes parents s’en aperçoivent. Une fois, les éboueurs m’ont ramené en pyjama et en chaussettes. Ma mère a fini par bloquer la porte de ma chambre. Ce somnambulisme, c’était de la magie dans mon quotidien. Ne pas tout contrôler, laisser l’inconscient me diriger sans penser aux conséquences, c’est comme ça que je suis devenu la personne et l’artiste que je suis. Etre inconscient, c’est indispensable à ma survie.

 

Avant d’être Mika, vous êtes né Michael Holbrook Penniman, en 1983, au Liban, dans une famille chrétienne maronite contrainte de se réfugier en France un an plus tard pour fuir la guerre…

La vie quotidienne à Beyrouth était devenue très difficile et dangereuse. Une nuit, la moitié de l’appartement avait été détruite par un bombardement. Ma mère est libano-syrienne mais mon père est américain, né à Jérusalem, élevé au Caire, à Washington, à Londres… Ils ont pu partir pour Chypre, puis ont choisi Paris. Il y avait un lien avec le Liban. Ma mère avait appris le français.

 

Quel souvenir gardez-vous de vos années parisiennes ?

Celui d’une enfance très joyeuse. On habitait dans le 16e arrondissement, square Lamartine, mon père avait un très bon job dans la finance, je fréquentais une petite école privée, le cours Victor-Hugo. A la maison, c’était Paris-Beyrouth. La nourriture était franco-arabe. Beaucoup de gens attendaient chez nous la fin de la guerre. Le temps était un peu suspendu. Ma mère confectionnait des habits pour enfants. Son atelier, c’était la salle à manger et le salon. Comme elle avait beaucoup de commandes des grands magasins, on entendait le bruit des machines à coudre même la nuit. On avait le droit de l’accompagner dans le Sentier choisir des tissus pour nos vêtements qu’elle faisait elle-même. Mes shorts, mes chemises, mes nœuds papillon étaient une manière de m’exprimer, de m’amuser. A Noël, on devait fabriquer nous-mêmes les cadeaux, et ne surtout pas les acheter – de toute façon, on n’avait pas d’argent de poche. Créer, c’était normal, c’était la vie. Et la musique faisait partie de ça.

 

Justement, comment ce goût pour la musique est-il né ?

J’avais des cours de piano avec des sœurs jumelles, un peu vieilles, qui mangeaient constamment des gâteaux. Elles s’asseyaient de chaque côté de moi, l’une s’occupait de la main droite, l’autre de la main gauche. Tout allait bien, je lisais la musique, je commençais à jouer… Et surtout, il y avait de la musique du matin au soir, dans cet appartement, où la vie était très intense. Ma mère, les couturières, tout le monde chantait sur Nina Simone, Bob Dylan, Joan Baez, Georges Moustaki, Jean Ferrat, Gainsbourg, les Rolling Stones, Fairouz, Oum Kalthoum… La musique est devenue pour moi une évidence. J’avais des mallettes remplies de cassettes que j’enregistrais, je me faisais des « playlists » classées par émotion et par couleur – parce que, la musique, je la « sentais » rouge ou verte. Quand les choses ont mal tourné, le volume de la musique a augmenté à la maison.

 

Qu’est-il arrivé ?

Mon père a été envoyé par sa banque en voyage d’affaires, au Koweït. Il s’est trouvé pris dans l’invasion du Koweït par Saddam Hussein, pendant la première guerre du Golfe, et a été retenu à l’ambassade américaine pendant huit mois. Nous n’avions pas de contact, juste un fax de temps en temps. La stabilité qu’on connaissait avec mes sœurs s’est alors écroulée. Quand mon père est revenu, barbu, amaigri, ses yeux étaient différents. On ne l’a plus appelé « papa » mais « Mike », je ne sais pas pourquoi. Après le traumatisme qu’il avait vécu, il a eu du mal, il a été licencié. On a tout perdu. J’ai appris à gérer les huissiers : quand ils sonnent, dire qu’il n’y a pas d’adultes à la maison, qu’on ne peut pas ouvrir parce qu’on ne les connaît pas. Mais à la quatrième visite, je les ai vus tout prendre chez nous, moi assis sur le canapé rouge. Je ne pardonnerai jamais à un système qui permet ça. Cette invasion dans ce qui est sacré, la maison. Cette punition injustifiée…

 

Comment ont réagi vos parents ?

Mon père était de plus en plus silencieux. Ma mère, extrêmement déterminée. Un soir, on s’est entassés dans la Toyota Previa et on est partis à Londres. On a atterri dans un bed & breakfast. C’était censé être pour deux semaines, on est restés deux ans. Quand mon père ne gagnait pas assez de sous, ma mère travaillait en cuisine.

 

A 8 ans, vous avez commencé à fréquenter les cours élémentaires du Lycée français de Londres. Et vous y avez été victime d’un harcèlement dont vous avez témoigné fin 2018, lors de la journée nationale contre ce fléau…

J’ai eu des problèmes parce que, d’un coup, je suis devenu dyslexique. J’ai oublié le solfège, et même comment lire et écrire. Parti ! Je parlais anglais avec un accent parisien. J’étais habillé avec mes shorts roses, mes salopettes à pois jaunes, mon nœud pap’ dans le même tissu. A Paris, on me prenait en photo quand j’accompagnais ma mère dans les défilés de mode. Là, j’étais un extraterrestre ! Une prof qui portait toujours un manteau violet et un petit chapeau noir m’a choisi, avec deux autres élèves, comme victimes de sa rage. Elle me faisait grimper sur une chaise et elle m’humiliait, me disant devant tout le monde que j’étais stupide, paresseux, que tout ce que je voulais c’était jouer – heureusement, je n’ai pas changé ! Elle écrivait d’atroces poèmes sur nous que les autres élèves devaient réciter. J’ai arrêté de parler, je voulais devenir invisible, ne plus être là. A la maison non plus, je ne parlais presque plus, je n’écoutais plus de musique. Mes parents ne comprenaient pas. Jusqu’à ce qu’un jour, en rapportant mon sac dans la classe, ma sœur Paloma entende la maîtresse me parler. Mon père est venu, a répété à l’enseignante les propos qu’elle m’avait tenus et elle s’est évanouie. J’ai été renvoyé par le directeur. Je suis rentré en sautillant et en chantant « La sorcière est morte ! » J’avais en tête l’image de la méchante sorcière du Magicien d’Oz qui fond à cause de l’eau.

 

Qu’avez-vous fait de vos journées pendant cette période où vous étiez déscolarisé ?

J’allais au parc avec trois dames, espagnole, libanaise, marocaine, qui passaient leur temps à la maison à boire du thé et à chanter. Ensuite, ma mère a fait venir un professeur de piano tout juste arrivé de Russie. Il parlait peu et sentait cette sueur qui arrive après des heures de piano. Quand il a réalisé que je ne pouvais pas lire les notes, son visage a changé. La semaine suivante, il a envoyé sa femme en remplacement. Une chanteuse d’opéra qui semblait sortir des années 1920, avec son col brodé haut. Elle était censée me donner des cours de piano mais elle n’en jouait pas vraiment. Elle a commencé à chanter la mélodie, j’ai chanté avec elle. Les mélodies se sont compliquées, c’est devenu du Schubert, du Brahms, du Britten.

Trois mois plus tard, j’avais mon premier job. A 9 ans, j’étais choriste à l’Opéra royal, dans Die Frau ohne Schatten, de Richard Strauss. Le théâtre ! Covent Garden ! Cette boîte géante magique, rouge, dorée, où l’on chante, où les gens ne travaillent pas dans une banque, ne vont pas à l’école, ils montent sur scène et la vie passe rapidement. J’ai décidé que c’était ce que je voulais faire.

 

Mais vous avez bien dû reprendre l’école, au bout de quelques mois ?

Oui parce que les enfants d’une petite école voisine de la maison me voyaient jouer tous les jours dans le jardin avec mes deux lapins, m’entendaient chanter. Ils sont allés se plaindre à leur directeur. C’était inacceptable que je ne fasse que jouer ! Le directeur m’a demandé d’épeler des mots, il a vu que j’avais beaucoup de problèmes. J’ai repris l’école, mais ma mère a négocié un arrangement, et j’ai bénéficié d’une grande tolérance pour continuer la musique.

 

Jeune homme, vous avez été admis au Royal College of Music. Comment êtes-vous finalement passé du chant lyrique à la pop music ?

Le Royal College, c’était un rêve. La cacophonie qui y régnait me faisait penser au salon de ma mère, à Paris. Mais j’ai compris que je n’étais pas aussi fort que les autres chanteurs lyriques. Je devais donc écrire mon propre matériau. Avec l’argent que je gagnais comme serveur, et l’aide des autres élèves, j’ai fait des maquettes de chansons pop. La voix sur Happy Ending, par exemple, c’est celle d’Ida Falk Winland, qui est devenue une grande chanteuse d’opéra. J’écrivais, j’écrivais, j’écrivais. J’ai commencé à enregistrer des chansons dès 11 ans. En échange de musiques que je créais pour la pub, je demandais des heures de studio d’enregistrement. Après, je faisais le tour des bureaux de Sony, d’EMI, de Warner, avec mon « ghetto-blaster » [radiocassette des années 1970-1980 célèbre pour sa taille démesurée]. Je passais mes chansons à la secrétaire, qui n’avait aucune idée de quoi en faire et m’envoyait vers une autre secrétaire, et je grimpais tous les étages comme ça. Il y avait toujours un moment où je recevais une lettre de refus du label, avec un logo à côté de mon nom. J’étais fier, j’existais !

 

Après tous ces refus, comment votre carrière a-t-elle pu démarrer ?

Comme personne ne voulait me signer, je suis revenu dans l’atelier principal : la maison. Ma mère m’a fait des habits, j’ai changé le « C » de Mica en « K » pour que ce soit plus fort, on a dessiné une pochette et un logo avec ma sœur Yasmine, on a pris des photos avec l’Olympus de ma mère, je me suis interviewé moi-même, on a mis tout ça dans une grosse boîte en carton noire, entourée d’un ruban rouge, comme si c’était un coffret collector de disque. Je l’ai envoyé aux majors. Ça n’a pas pris tout de suite. Mais le patron d’Universal en Angleterre a fini par me donner rendez-vous dans un hôtel. Il m’a demandé de me mettre au piano et de chanter. Une heure et demie après, il me faisait une offre. Mon premier single, Grace Kelly, est une chanson de rage contre tous ces gens de l’industrie musicale qui ne voulaient pas de moi.

 

Sorti en 2007, votre premier album, « Life in Cartoon Motion », se vend à 7 millions d’exemplaires dans le monde, dont plus de 1 million en France. Et vous vous retrouvez au Parc des Princes devant 50 000 spectateurs, en juillet 2008. Comment vivez-vous ce succès fulgurant ?

Je chante, je me fiche du reste.

Je continue à faire mon job de chanteur que j’ai commencé jeune, avec la même équipe, la famille et les amis.

J’ai moins peur au Parc des Princes qu’à l’opéra : là c’est ma propre musique, c’est une fête !

 

Votre dernier album, « No Place in Heaven » (disque de platine en France), date de 2015. Sortirez-vous votre cinquième album cette année ?

Oui. J’ai mis une année de plus que les fois précédentes à le confectionner. J’écris mes textes, mes musiques, je coproduis, réalise les posters avec ma sœur, tout est artisanal. L’industrie de la musique a beaucoup changé cette dernière décennie, avec les tendances urbaines. Plus que jamais, ce que je dois faire, c’est suivre mes envies, travailler dans la mélodie, raconter des histoires à ma manière, avec des images, des personnages, des couleurs. Des histoires de temps en temps féeriques, de temps en temps extrêmement sombres, sales, douloureuses…

Créer un monde dans lequel se perdre durant une heure trente.

 

Vous êtes l’un des jurés de l’émission « The Voice » depuis 2014. Que vous apporte la télévision ?

Cette manière de parler de musique me plaît, comme dans un pub quand on discute entre copains de ce qu’on écoute.

Ça m’intéresse, aussi, de développer le potentiel de quelqu’un pendant une période courte et intense. Si ce genre d’émission avait existé quand je cherchais à percer, ça aurait été une option.

Mais je ne suis pas sûr que je m’en serais bien sorti. Dans toutes les auditions que je passais, j’étais toujours parmi les premiers éjectés. Je suis assez nul pour interpréter les chansons des autres.

 

Votre grand-père maternel syrien a émigré aux Etats-Unis en 1918, vos parents sont venus avec vous du Liban…

Quel regard portez-vous sur le sort des réfugiés syriens qui tentent de gagner l’Europe ?

C’est l’histoire humaine la plus importante de notre temps. Voir que ces êtres humains sont réduits à des statistiques me dérange énormément. Je ne connais personne qui s’abstiendrait de tendre la main si quelqu’un se noyait devant lui. C’est pourtant ce que font les politiques avec leurs mots.

 

 

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@Kumazzz

 Each week "Le Monde" interviews a celebrity starting from a key moment of their lives. This week the singer explains how music became something obvious in his life, between Beirut, Paris and London, but always surrounded by his family and friends.

Singer-songwriter-composer of an euphoric pop music, Mika has sold more than 10 millions of records since the success of his first album, Life in Cartoon Motion. The Lebanese-American singer, who is 35 years old, will soon be again, starting on February 9th, one of the coaches of the show "The Voice", on TF1, and he's about to release a fifth album.

I would not be here if ...

If I had not be en sleepwalking. At night, from when I turned seven to the beginning of adolescence, I moved furniture in the apartment. I even went out on the street without my parents realizing it. Once, the garbage men brough t me back in pajamas and socks. My mother ended up blocking the door of my room. This somnambulism was magic in my daily life. Do not control everything, let the unconscious lead me without thinking about the consequences, that's how I became the person and the artist that I am. Being unconscious is essential to my survival.

 
Before you were Mika, you were born as Michael Holbrook Penniman, in 1983, in Lebanon, in a maronite christian family who was forced to flee a year later to run away from war.

Daily life in Beirut had become very difficult and dangerous. One night, half the apartment was destroyed by a bombing raid. My mother is Lebanese-Syrian but my father is American, born in Jerusalem, raised in Cairo, in Washington, in London...They were able to go to Cyprus, then they chose Paris. There was a link with Lebanon. My mother had learned French.

What memory do you keep of your Parisian years?

Celui d’une enfance très joyeuse.
The memory of a very joyful childhood. We lived in the 16th arrondissement, square Lamartine, my father had a very job in finance, I was going to a little private school called le cours Victor-Hugo. At home it was Paris-Beirut. The food was  nourriture était Franco-Arab. Many people were waiting for the end of the war at our place. Time was a bit suspended. My mother made children clothes.Her workshop was in the dining room and in the living room. As she had many orders in the big stores, you could hear the noise of the sewing machine even during the night.
 We were allowed to go with her in le Sentier to choose material for our clothes that she made herself. My  shorts, my shirts, my bow ties were a way to express myself, to have fun. At Christmas, we had to make ourselves the presents, and we were forbidden to buy them  – anyway, we had no pocket money. Creating normal, it was life. And music was part of this.

So how did your taste for music develop?


I took piano lessons with twins sisters, who were a bit old, who were constantly eating cakes. One would sit on my right side and the other on my left side, one took care of my left hand and the other my right hand. Everything was going well. I was reading music, I was starting to play...and above all there was music all day long, in this apartment where life was very intense. My mother, the seamstresses, everyone sang along with Nina Simone, Bob Dylan, Joan Baez, Georges Moustaki, Jean Ferrat, Gainsbourg, The Rolling Stones, Fairouz, Oum Kalthoum… music became something obvious for me. I had cases filled with cassettes that I recorded, I made my "playlists" sorted out by par emotion and by color – because I "felt" music red or green. When things went wrong, the sound of the music was turned up in my house.

What happened?

My father was sent on a business trip to Kuweït by his bank. He got caught in the invasion of Koweït by Saddam Hussein, during the first gulf war, and he was held hostage in the American embassy during eight months. We had no way to be in touch,  just a fax once in a while. The stability we had known so far with my sisters collapsed.When my father came back with a beard and  Quand mon père est revenu, barbu, thinner, his eyes were different. We didn't call him "dad" any more but " Mike", I don't know why. After the trauma he had lived, it became difficult, he was fired. We lost everything. I learned how to deal with the bailiffs: when they ring, say that there are no adults in the house, that you can't open because you don't know them. But on their fourth visit, I saw them take everything, I was seated on the red couch. I will never forgive a system that allows that. This invasion in what is sacred, home. This is unjustified punishment...
 

How did your parents react?
My father was more and more silent. My mother, extremely determined. One night we crammed together in the Toyota Previa and we left for London. We ended up in bed & breakfast. It was supposed to last two weeks, we stayed for two years. When my father didn't earn enough money, my mother worked in a kitchen.

When you were 8, you started going to elementary school in the Lycée français in London. And you became a victim of bullying as you explained at the end of 2018, during the national day against this plague...

I had problems because suddenly I became dyslexic. I forgot theory, and even how to read and write. It was gone! I spoke English with a Parisian accent. I was dressed with my pink shorts, my overalls with yellow polka dots, my bow tie in the same material. In Paris, people took pics of me when I was going to fashion shows with my mother. There I was an extra terrestrial! A teacher who always wore a purple coat and a little black hat picked me, along with two other pupils, as a victim of her anger. She made me climb up on a chair and she humiliated me, saying in front of everyone that I was stupid, lazy, that all I wanted to to was playing – fortunately, I haven't changed! She wrote atrocious poems about us that the other pupils had to recite. I stopped talking, I wanted to become invisible, I didn't want to be there any more. At my house, it was the same, I barely talked any more, I didn't listen to music any more. My parents didn't understand. Until one day, when she was bringing my schoolbag in my class, my sister    Paloma heard my teacher talk to me. My father came, he repeated to the teacher the words she had said and she fainted. I was expelled from school by the headmaster. I walked back home jumping and singing "The witch is dead!" I had in my head the image of the bad witch of Oz who melts because of the water.


What did you do to keep busy while you were out of school?
I used to go to the park with three ladies, a Spanish one, a Lebanese one and a Moroccan one who spent time in my house drinking tea and singing. Then, my mother hired a piano teacher who had just arrived from Russia. He didn't speak much and he smelt that sweat that comes from several hours of playing the
piano. When he realized I couldn't read music, his expression changed. The following week he sent his wife to take over him. An opera singer who seemed out of the 20s, with her long embroidered collar. She was supposed to give me piano lessons but actually she didn't play the piano. She began singing melodies, I sang with her. The melodies became complicated, they turned into melodies by Schubert, by Brahms, by Britten.


Three months later, I had my first job. At the age of 9, I was a chorister at the Royal Opera, in Die Frau ohne Schatten, by Richard Strauss. The theater! Covent Garden ! This giant magical box, red and golden where people sing, where people don't work in a bank, where people don't go to school, they get on the stage and life goes by fast.I decided that was what I wanted to do.


But you had to go back to school, after a few months?

Yes because the children who were in a little school nearby my house saw me everyday play with my two rabbits and heard me sing. They complained to the headmaster. It was unacceptable that all I did was playing! The headmaster asked me to spell words and he realized I had lots of problems. I went back to school, but my mother made a deal, and I had a huge tolerance so as to go on with music.

As a young man you were admitted to the Royal College of Music. How did you finally go from lyrical to pop music?

Royal College was a dream. Its  cacophony reminded me of my mother's living room, in Paris. But I understood that I wasn't as strong as the other lyrical singers. So I had to write my own songs. With the money I made as a waiter, and with other students' help, I made pop songs demos. The voice on Happy Ending, for example, is Ida Falk Winland’s , who became a great  opera singer. I wrote and wrote and wrote. I started recording songs when I was 11 years old. I traded musics I made for commercials for hours in a recording studio. After, I used to go to Sony's , EMI's ,  Warner's offices with my “ghetto-blaster” [cassette and radio player in  the 70s-80s famous for its huge size]. I would play my songs to the   secretary, who had no idea what to do with them and would sent me to another secretary, and I climbed up the building that way. There was always a time when I would get a refusal from the label, with a logo by my name. I was proud, I existed!

After all these rejections, how could your career start?

Since no one wanted to sign me, I went back to the main workshop: my house. My mother made clothes for me, I changed the " C"  of Mica into " K" so it would be stronger, we drew a CD sleeve and a logo with my sister Yasmine, we took photos with my mother's Olympus , I interviewed myself, we put all that in a big black cardboard box, with a red ribbon around it, as if it were a CD collector.
I took it to the majors. It didn't work right away. But the boss of Universal in England ended up giving me an appointment in a hotel. He asked me to sit at the piano and to sing. My first single, Grace Kelly, is a raging song against all these people in the music industry who didn't want me.


Your first album "Life in Cartoon Motion" which was released in 2007 sold 7 millions copies all over  the world, among which more than 1 million in France. And you find yourself in Parc des Princes in front of 50 000 people in July 2018. How do you react to this rapid success?

I sing, I don't care about the rest.

I still go on doing my singer job that I started at a young age with the same team, family and friends.

 I am less afraid in Parc des Princes than in opera: there it is my own music, it's a party!


Your latest album, "No Place in Heaven" (platinum album in France) was released in 2015. Will your fifth album be released this year?

Yes. It took me a year more than the others to create it. I write my lyrics, my melodies, I coproduce, make the artwork with my sister, all is handmade
 Music industry has changed a lot over this past decade, with the urban trends. More than ever, what I must do is follow my creativity, work with the melody, tell stories my way, with images, with characters, with colors. Stories sometimes like fairy tales, sometimes extremely dark, dirty, painful...

 Creating a world in which you can lose yourself during an hour and a half.
You have been of the judges in the show "The Voice" since 2014. What attracts you about TV?

I like that way of talking about music, as if you were in a pub talking with friends about what you're listening to.

I also find interesting to develop someone's potential over a short and intense period of time. If that type of show had existed when I was trying to break through it might have been an option.

But I'm not sure I would have made it. Each time I auditioned I was among the first ones to be rejected. I am rather bad at singing other people's songs.

Your Syrian grandfather on your mother's side moved to the United States in 1918, your parents moved from Lebanon with you.

What do you think about what's happening to the Syrian refugees who are trying to get to Europe?

It is the most important human story of our time. Seeing that human beings are reduced to statistics bothers me a lot. I don't know anyone who would not give their hand to grab if someone was drowning in front of them. Yet that is what politicians are doing with their words.

 

 

 

 

 

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